vendredi 17 juillet 2026

Imbécile Arrogant

     Qu'on l'appelle Intelligence Artificielle ou Informatique Améliorée, cette technologie censément révolutionnaire est plus active aujourd'hui dans notre quotidien par son omniprésence dans les médias ou la rumeur publique que par ses usages réels ou supposés. On nous rabâche sans cesse qu'il faut prendre le train en marche, sans quoi l'avenir s'écrira sans nous et le déclassement ou l'obsolescence nous guette, comme si nous n'existions qu'en tant que machines à produire et consommer. 

    Comme au moment de l'apparition d'Internet, du téléphone portable ou du téléphone tout court en son temps, un discours s'impose par la répétition : avant même que nous puissions avoir le moindre recul par rapport à une innovation technologique ou les emplois rationnels qu'on puisse en tirer, nous devons impérativement être convaincus de son triomphe absolu à venir, même dans des domaines où elle n'a aucun sens et par-dessus tout de son caractère incontournable. De fait, de par leur vertu totalitaire, ces innovations le deviennent, dès lors qu'un nombre suffisant de personnes en sont convaincues.  

    L'idée que l'IA puisse se substituer à la force de travail salariée (si faiblement le soit-elle) dans de nombreux cas fait évidemment grandement saliver nos chers employeurs, toujours plus désireux de s'affranchir du facteur humain. En tant que système à la fois très clairvoyant à court terme et complètement aveugle à long terme, le capitalisme ne peut que s'engouffrer avec bonheur dans cette brèche qui offre une nouvelle illusion de dépassement de la lutte des classes. 

    Comme pour la bulle spéculative des "dotcom" du début des années 2000, gonflée par l'espoir chimérique qu'internet allait résoudre tous les problèmes de l'humanité, mettre fin à tous les services de proximité et j'en passe... une nouvelle frénésie parkinsonnienne s'empare de notre main invisible du marché à l'agonie, qui tremble et sucre sans discernement toutes les fraises qui lui parlent d'IA. On peut aisément voir cette nouvelle embolie arriver et prévoir qu'après cet accès de fièvre, un usage plus raisonné et plus mûr de l'IA s'imposera peu à peu, comme pour Internet. 

    Que cela se produise ou non,  on peut d'ores et déjà identifier trois contradictions majeures, entre la propagande qui vante les possibilités de l'IA et sa réalité. 

    Dans les critiques de l'IA, on mentionne souvent les problèmes écologiques qu'elle engendre en raison des serveurs gigantesques nécessaires à son fonctionnement ou de ses lacunes parfois cocasses, sans doute imputables à la jeunesse relative de cette technologie. On peut aussi anticiper les débordements sociaux-économiques liés au chômage qu'elle engendrera ou ses effets délétères sur la formation de la jeunesse. 

    On aborde beaucoup plus rarement trois de ses défauts structurels, qui ne seront certainement jamais compensés, puisqu'ils relèvent des principes fondateurs de sa genèse. 

    Le premier relève de ce qu'un habile maquillage commercial a surnommé le "deep learning". Mon fils de trois ans a peut-être vu une centaine de chiens et de chats dans sa vie, mais il est capable de distinguer sans erreur un chien d'un chat lorsqu'il en voit en photo, même s'il s'agit de chiens ou de chats d'un type jusqu'alors inconnu. Il est également capable de reconnaître les traits d'un chat ou d'un chien sur un dessin, une caricature ou une peluche. Rien d'exceptionnel là-dedans, si ce n'est qu'il faut à une IA des milliers d'images pour parvenir à identifier sans se tromper un chien ou un chat sur une image quelconque. 

    Pourquoi? On a d'abord cherché, de manière assez évidente, à reproduire une sorte d'algorithme systématique permettant d'analyser l'image et de parvenir à une conclusion certaine. Puis on a renoncé pour programmer des méthodes d'interpolation à partir d'un nombre considérable d'exemples. En somme, l'IA parvient à identifier correctement l'animal s'il parvient à reconstituer l'image à partir d'une interpolation des images dont il dispose dans ce qu'on appelle son domaine d'entraînement. 

    C'est ainsi que, dans le domaine médical, où on ne cesse de promouvoir l'usage de l'IA, on paie des Kényans pour passer leurs journées sur un ordinateur à entourer sur des images de blessés la localisation des plaies. On emploie des intelligences humaines à des tâches fastidieuses jusqu'à la nausée pour entraîner des IA qui ressemblent plus à de parfaits imbéciles à qui il faut longuement... très longuement expliquer l'évidence. 

    Le "deep learning" est en fait un aveu d'échec. C'est un peu comme si, au lieu de faire des études d'architecture, on fabriquait un pont en alignant des pierres de manière aléatoire jusqu'à ce qu'il tienne. Plutôt qu'un "apprentissage profond" c'est un apprentissage stupide et répétitif, pour une intelligence dont les facultés évoquent la mouche qui heurte la vitre à l'infini jusqu'à enfin passer par hasard. 

    Certes, me direz-vous, mais qu'importe si, au final, on obtient un interlocuteur efficace par sa puissance de calcul brute? Un peu comme ces programmes, bien plus anciens que l'IA, qui battent l'humain aux échecs en comparant de manière brutale toutes les possibilités de jeu.  

    Il importe, parce que cette méthode implique que l'IA est très brutalement inefficace, sitôt qu'on la sort de son domaine d'apprentissage. Incapable de la moindre distance critique par rapport à son résultat, notre imbécile hyper-mnésique propose très rapidement des résultats ahurissants, bien plus éloignés de ce qui était demandé que ce qu'un humain très incompétent pourrait proposer. On parle notamment d'"hallucination". C'est particulièrement évident dans la génération de vidéos et d'images mais cela se retrouve dans tous les domaines. Que ces machines soient incapables d'écarter elles-mêmes les produits de leurs propres hallucinations les placent en l'occurrence au niveau d'un être humain sous de très violents psychotropes. 

    Or un utilisateur lambda ne connaît jamais l'étendue du domaine d'entraînement d'une IA, ce qui amène les utilisateurs avertis à toujours vérifier le résultat, imposant que le temps passé à vérifier soit inférieur au temps passé à réaliser la même chose soi-même. 

    On peut ajouter que cela implique que toutes les utilisations artistiques ou littéraires ou même philosophiques ou dans n'importe quelle humanité de notre imbécile hyper-mnésique n'aboutiront tout simplement jamais, car il restera incapable de proposer autre chose qu'une recomposition de ce qui existe déjà. Une IA écrira sans difficulté le nouveau roman d'Amélie Nothomb ou Marc Lévy ou Gérard de Villiers à partir de leur production précédente... mais rien de mieux. 

     La seule chose qui soit profonde dans le "deep learning", c'est l'imbécilité de la machine qu'on obtient. Il ne s'agit pas d'une lacune que le temps compensera, puisque c'est l'un des fondements de l'IA. Le domaine d'entraînement pourra être étendu, mais jamais être dépassé. En somme, c'est une machine qui parle sans réfléchir, au sens littéral, ce qui amène au deuxième point. 

     Les IA sont souvent décrites par le terme de "modèles de langage". Ces modèles opèrent entre autres avec deux principes fondamentaux :

 -toujours fournir une réponse,

 -prévoir la question suivante.

    Aucun échange sincère et équilibré ne peut naître dans ces conditions : les seuls êtres humains qui interagissent selon ces principes sont les voyantes, les gourous ou les politiciens... En somme ces machines auront réponse à tout et tenteront de nous amener, par leurs réponses, à certaines questions qu'ils pourront donc anticiper. 

     Bien loin d'être des partenaires fiables et sincères de nos existences, ces imbéciles défoncés aux champignons qui ont réponse à tout s'échinent, non pas à proposer des réponses de qualité, mais à contrôler l'échange, compensant leur incompétence par ce qui ne peut être décrit que comme l'arrogance sans limite de ce collègue ou beau-frère qui vous explique la vie et a une opinion sur tout. 

     L'Imbécile est donc Arrogant et cela se transmet de manière assez cocasse dans la condescendance de leur ton... ce qui amène au troisième point. 

     L'arrogance étant souvent le paravent de l'incompétence, on la retrouve naturellement en abondance sur les réseaux sociaux et les contenus en ligne. Le domaine d'entraînement de nos machines qui savent parler mais ne savent pas penser est inondé d'informations inexactes, voire fausses, d'échanges haineux ou condescendants... bref, nos imbéciles arrogants sont gavés d'une malbouffe informationnelle qui empeste l'obscurantisme et l'acrimonie des échanges quotidiens entre humains, avec une sur-représentation des peuples et cultures qui ont un large accès à ces technologies, telles que l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Extrême-Orient... et encore! avec un biais anglo-saxon très prononcé. 

     À titre d'exemple, dans le cas de cette fameuse pièce de théâtre écrite par l'un de nos arrogants imbéciles dans le style de Molière, intitulée "L’Astrologue ou les Faux Présages", on a également laissé à la machine le choix des costumes et décors... et les acteurs se sont retrouvés avec des grenouilles sur leurs habits de scène. Pourquoi? Mais parce que la grenouille, voyons,  fait "frenchie" dans l'esprit d'un anglo-saxon! On peut vanter l'excellente connaissance de la langue du XVIIème siècle par l'imbécile, cela ne nous affranchit pas de biais de pensée potaches et stéréotypés sur le pays de Molière. 

     Cette troisième faille structurelle pourrait dans l'absolu être corrigée et certaines entreprises s'y attellent, mais on peut  légitimement douter de leur efficacité car l'histoire du capitalisme illustre assez bien que celui-ci s'accorde à merveille avec les hégémonies culturelles pré-existantes et même s'appuie dessus en les renforçant. Il suffit de constater la manière dont les modes de vie et de pensée se sont peu à peu uniformisés depuis le XIXème siècle. 

    Nous voilà donc bientôt étroitement dépendants d'un imbécile arrogant sous drogues, incapable d'un échange signifiant et obsédé par le fait d'avoir le dernier mot, biberonné à la culture dominante... Elon Musk partout, en somme. Ça promet. 

jeudi 2 juillet 2026

Prise video de la représentation du "Crabe aux pinces roses" au café associatif le P'tit Cerny le 17 mai dernier!



https://www.youtube.com/watch?v=g1cl0tgZ9xA


Le crabe aux pinces roses est la deuxième création de la Compagnie de Théâtre Prise Directe. Texte original de Sandy Cazé-Leterrier et Nikos Leterrier, "Le crabe aux pinces roses" raconte les aventures de Rose et Violette sous le tropique du cancer. Une comédie grinçante et médicalisée...

Cette vidéo a été filmée lors de la représentation au café associatif le P'tit Cerny! Salle comble (petite soit, mais ça fait plaisir) et enthousiaste! Ça nous a donné de l'allant pour les prochaines représentations! Merci encore à l'équipe du P'tit Cerny!


Mise en scène : 

Sandy Cazé


Avec: 

Morane Blanchard

Tiffany Martin

Valérie Foutel

Nikos Leterrier

Sandy Cazé-Leterrier


Remerciements : Guy, Ayane et toute l'équipe du P'tit Cerny https://leptitcerny.fr/

Pour nous suivre sur les Fesses du Bouc : Compagnie de théâtre Prise Directe

Contact : associationprisedirecte@gmail.com


Les anneaux seigneurs


Quand je dors, je me retrouve en Enfer.

Chaque nuit, j'essaie de sortir de l'eau

Mon fils, qui toque au cercueil de sa mère

En demandant si elle fait dodo.


Toi le Crabe, ne t'approche pas d'elle!

Nébuleuse invisible aux doigts cruels,

Rends-nous ce ciel où tu reviens sans cesse,

L'envenimant de fatigue et de tristesse.


Tant de fous hantent ce trop proche exil

Que je m'épuise en mille aurores blêmes

À chercher pour ma raison quelque asile,

Où les cannibales fassent carême.


Ne t'approche pas de moi, ivre-morte!

Toi qui as verrouillé toutes les portes,

Fracassé à tous les murs ton cerveau.

Je n'en ramasserai pas les morceaux.


La mémoire inflexible de mon corps

Égraine en effrois et maux chimériques,

Passager clandestin d'une autre mort,

Les degrés d'une agonie sympathique.


Toi Saturne, oeil vide mais jamais clos

Brillant dans le contour de tes anneaux,

Détourne de moi ce regard terrible

Et tout le poids de ta masse intangible. 



vendredi 26 juin 2026

À ceux qui désirent écrire...


 

    J'ai enfin achevé le dernier roman de ma tétralogie de dark-fantasy
se déroulant dans mon univers rôlistique "Terre Seconde"!

    Alors que j'avais une vingtaine d'années, la maman d'un ami
me demanda ce qui constituerait pour moi une réussite dans ma vie
et je répondis quelque chose comme : "écrire une longue saga
de fantasy" sans y croire vraiment, et voilà, ça y est! 

    C'est la conclusion d'une quinzaine d'années de travail et 
tous mes efforts pour faire publier ou même diffuser ce travail
ont lamentablement échoué, mais je n'en reste pas moins
heureux aujourd'hui car j'ai adoré écrire ces quatre romans.

    À tous ceux qui ont une envie d'écriture mais n'osent pas
prendre la plume, allez-y! C'est un bonheur unique en son genre 
que de voir les personnages s'incarner comme s'ils 
existaient indépendamment de leur auteur et raconter 
leur histoire, lors de cet instant merveilleux 
où le roman commence à prendre forme. 

    Bien sûr, on écrit avant tout pour être lu 
mais si écrire vous rend heureux, n'attendez pas!

    


 

mardi 2 juin 2026

Photo de la réprésentation du "Crabe aux pinces roses" (pièce écrite par S. Cazé-Leterrier et N. Leterrier) au Théâtre de l'Arlequin à Morsang-sur-Orge


 Rose et Dr X, l'oncologue... Faute de photographe cette fois, nous n'aurons malheureusement guère d'images à partager mais la réception de la pièce par le public fut enthousiaste!

dimanche 17 mai 2026

Photos de la première réprésentation du "Crabe aux pinces roses" (pièce écrite par S. Cazé-Leterrier et N. Leterrier) au café associatif le P'tit Cerny


   Quelques photos de la représentation d'aujourd'hui au café associatif le P'tit Cerny! C'était la toute première de notre création originale "Le crabe aux pinces roses", racontant les aventures de Rose et Violette sous le tropique du cancer. Salle comble (petite soit, mais ça fait plaisir) et enthousiaste! Ça donne de la pêche pour les prochaines représentations! Merci encore à l'équipe du P'tit Cerny!














vendredi 15 mai 2026

Le jeu des regrets : résumé de la partie du 17/04/26 (Terre Seconde)

 Ce qui suit est une évocation du déroulé de la partie du jeu de rôle Terre Seconde (www.terre-seconde.org) du 17 avril dernier, dans le cadre de la campagne "Face au crépuscule des Dieux". 

Lisez si le cœur vous en dit, en gardant à l'esprit que cela s'adresse essentiellement aux joueurs de la table.



    Cela fait maintenant presque un an que je n'ai pas prononcé la moindre parole. Mais je sais encore écrire et le sable qui engloutit peu à peu la Cité Amère n'a pas avalé ma plume. Je savais, avant de venir ici, que seule la langue infernale peut y être parlée et cela m'avait même amené à penser que je ne l'en apprendrais que plus aisément... quelle illusion! 

    Chaque matin, lorsque je gravis les longs escaliers en colimaçons du Kohó, je peux voir les dunes du désert, au-delà des remparts inutiles de cette ville oubliée, et il me semble que l'horizon s'éloigne à chaque fois un peu plus et un vertige sourd s'empare de moi. 

    Je ne sais si l'on trouvera un de ces jours mon cadavre démembré au pied du Kohó, mais j'espère bien retrouver un semblant d'équilibre et de composition en utilisant quelques-unes de mes précieuses feuilles pour autre chose que pour y tracer les volutes alambiquées des runes écarlates, et consigner par écrit les étranges visions qui m'assaillent, depuis que j'ai trouvé ce játék enfoui sous les dalles de la maison vide que j'occupe depuis mon arrivée ici. 

    Il est resté parfait, ce dragon de cristal posé sur ce qui semble être une planète translucide, intact comme s'il venait d'être soufflé. Il a la chaleur électrisante des objets enchantés, mais j'en ignore les vertus. 

    Seules ces visions, venues comme des songes ou des souvenirs de quelqu'un d'autre, me donnent l'impression que ce maudit jouet me parle de ma cité natale. 

    À Fenrirstor, tout le monde connaît le Ker-Plac'h : cet orphelinat tapis dans les bois qui entourent la ville basse. Levruz, la sorcière qui parle au feu, y accueille depuis des années des jeunes filles tout à la fois vierges et enceintes. Elle sait toujours si l'enfant sera un gars ou une fille et choisit leur nom à chaque fois, puisque c'est elle qui les garde, après la naissance, jusqu'à leur majorité. Les mères repartent avec un un pécule ou restent pour tenir l'orphelinat, sans jamais révéler à leur enfant qu'il est d'elle. 

    Mais moi, je me suis vu parler à Dougerez, l'une de ces jeunes filles au ventre rond mais à l'hymen intact, et je l'ai même regardée comme moi-même ne saurait le faire : en double-vue! Voilà pourquoi je crois qu'il s'agit de souvenirs de quelqu'un d'autre, un sélénite qui plus est... Dougerez n'avait rien de particulier mais le foetus en elle était doté d'une affinité draconique, d'une affinité pyromancienne et même s'offrait le luxe de l'athéisme! 

    Ah, Dougerez!  Lorsque tu m'as narré qu'avant d'être enceinte tu ne rêvas comme fils d'une famille de marchands étrangers dans une cité arlidhienne, lisant des grimoires et surnommé "Maalik" par les domestiques... crois bien que je t'ai crue, car nul âme en gestation ne saurait apparaître ainsi à la double-vue!

       Au Ker-Plac'h, j'ai vu une trentaine de gosses, tous doués de fulgurances étranges, parfois en langues enchantées, parfois en domaines plus profanes. Le soir est arrivée Levruz, revenant du palais royal, et la double-vue révéla ses dons de pyromancie ainsi qu'une mystérieuse teinte spirituelle et un játék dans son sac. 

      Levruz a parlé d'elle à ses visiteurs, car elle a reconnu des Sélénites en deux d'entre eux : car elle-même serait une bâtarde de Feueralbe, d'où sa tignasse rousse et ses dons de sorcellerie.  Ancienne brigande, elle a présenté ses enfants comme libres de toute attache mais est convaincue que Gwenn, l'enfant ayant déposé des têtes coupées à la Croix de Lug et ancienne pensionnaire du Ker-Plac'h,  aurait été enlevée à ses soins, avant d'accomplir cette morbide et mystérieuse besogne. 

    Le plus étrange fut de rêver en même temps que celui dont j'ai malgré moi envahi la conscience, par le truchement du jaték. Lui et ses compagnons se sont vus revenir dans le corps de jeunes enfants recueillis par le Ker-Plac'h et jouer à ce qu'il appelaient le jeu des regrets. Dans ce songe et par les rouages du jeu, les rêveurs se sont vus offrir par Levruz une possibilité de renaître eux-mêmes dans le corps de ces enfants, comme par le fait d'une métempsychose faite en pleine conscience de sa vie passée... ce qui expliquerait les étranges aptitudes des orphelins du Ker-Plac'h. 


-Dites à Isild Tuin que vous n'avez rien trouvé et vous reviendrez d'entre les morts. 


    Les visions se sont poursuivies dans un lieu que je connais : la salle de la Table Ronde où le Roi Filehàd donne audience et réunit les preux de l'Arlidh. L'un des compagnons étant Flynn Mac Dorn, le fameux druide-prince, ils furent reçus par le Gutuater et j'eus ainsi l'occasion d'apprendre qu'ils étaient à l'affût d'une résurgence du pouvoir infernal de Gwenn Mac Fenrir, mère du Roi dont nu ne sait si elle est vivante ou morte, et de son étrange obsession de tranformer le peuple tombé sur Terre en sectataires de l'Uj Rend.  

    Le Roi Filehàd a fait venir Krenan, la nourrice de Gwenn Mac Fenrir. Frêle et tremblante, l'ancienne a expliqué que la veille, Levruz était venue chercher un objet ayant appartenu à sa pupille : une "sorte de boule de cristal avec un dragon, toujours chaude... même son mari ignorait tout de cet objet, c'était notre secret, je ne sais même plus comment elle l'a obtenu mais elle l'avait depuis toute petite".   

    Krenan a également parle du moment où des guerriers du clan Mac Deirnearach ont amené la gosse prisonnière et dit qu'elle l'a alors immédiatement reconnue : selon elle, il n'y a aucun doute que cette enfant est la réincarnation de Gwenn Mac Fenrir. Ainsi, à la question "est-elle encore vivante?" l'on pourrait répondre oui et non : oui puisqu'elle s'est réincarnée et non parce qu'elle s'est réincarnée. Krenan a voulu lui apporter la boule de cristal qu'elle avait gardée mais a trouvé sa cellule vide. 

    Pour finir, elle leur a donné un ourson en bois ayant appartenu à Gwenn Mac Fenrir lors de sa première enfance, en somme, le Sélénite dont j'occupe la conscience a perçu l'objet en question et j'ai pu voir que c'est la réplique exacte de mon jaték. 

    La vision a pris fin alors que le Sélénite localisait magiquement à la fois l'enfant aux têtes coupées et Gwenn Mac Fenrir au Ker-Plac'h...

    L'idée même que Gwenn Mac Fenrir puisse être revenue à la vie dans le corps d'une enfant mise au monde par une jeune fille vierge m'évoque le sinistre personnage redouté par les adeptes du Dieu Crucifié, celui qu'ils appellent l'Antéchrist. Qu'il s'agisse d'une femme semble confirmer les visions apocalyptiques de Jean. L'Uj Rend parviendra-t-il cette fois à entraîner le peuple sélénite dans la course folle de sa roue noire?

Étude pour un tatouage de reconstruction


 

lundi 4 mai 2026

Ma tapisserie de Bayeux enfin achevée!


 

Et voilà le huitième dessin pour illustrer 

le dernier couplet du poème :


Une seule planète

Verra la vie d'après

Et l'or criblée de dettes

Comme s'il en pleuvait

vendredi 17 avril 2026

Le crabe aux pinces roses : théâtre en mai



 Nouvelle pièce (originale cette fois)!

Une comédie grinçante 

sur notre meilleur ennemi : 



ce foutu crabe

et sur les absurdités 

qui accompagnent celles et ceux qui se battent

 contre lui.


mardi 24 mars 2026

Ma tapisserie de Bayeux 7/8

 



Et voilà le septième dessin pour illustrer 

le septième couplet du poème :


Un seul peuple une seule race

Sous ce soleil difforme et laid

Trime dans sa propre crasse

Comme s'il en pleuvait

mardi 3 mars 2026

Ma tapisserie de Bayeux 6/8


 

Et voilà le sixième dessin pour illustrer 

le sixième couplet du poème :


Car partout la matière

Est seule à dire vrai

Face à tant d'yeux ouverts

Comme s'il en pleuvait



mardi 17 février 2026

Ma tapisserie de Bayeux 5/8


Toujours dans mon projet d'illustrer l'un de mes poèmes 

en réalisant un dessin par couplet, voilà le cinquième :


Il n'y a qu'un seul corps

Que s'arrachent un rabais

D'esprits faibles ou forts

Comme s'il en pleuvait

 


lundi 9 février 2026

Ma tapisserie de Bayeux 4/8


 

Toujours dans mon projet d'illustrer l'un de mes poèmes 

en réalisant un dessin par couplet, voilà le quatrième :


Cent miroirs au regard

Torve et toujours de biais

En mille éclats épars

Comme s'il en pleuvait

mardi 27 janvier 2026

mardi 20 janvier 2026

Ma tapisserie de Bayeux 3/8

 


Toujours dans mon projet d'illustrer l'un de mes poèmes 

en réalisant un dessin par couplet, voilà le troisième :


Des remparts dérisoires

Contre tout s'élevaient

Et le Temps et l'Histoire

Comme s'il en pleuvait