jeudi 6 août 2026

Adenkorfagur : résumé de la partie du 01/08/26 (Terre Seconde)

  Ce qui suit est une évocation du déroulé de la partie du jeu de rôle Terre Seconde (www.terre-seconde.org) du 1er août dernier, dans le cadre de la campagne "Face au crépuscule des Dieux". 

Lisez si le cœur vous en dit, en gardant à l'esprit que cela s'adresse essentiellement aux joueurs de la table.




    Adenkorfagur


    Lorsque le Roi Filehàd accueillait Brân Mac Deirnearach à sa table,  il ne pouvait se défendre d'un sentiment de répulsion. Non que le Vergobret fût particulièrement repoussant, mais la richesse ostentatoire de ses habits rappelait au Roi l'odieuse cupidité du clan Mac Deirnearach et le dédain qu'ils avaient pour les clans pauvres du nord.

    Il croyait aussi lire dans le regard torve de Brân une autre forme de mépris : celle qu'il suscitait parfois chez de vieux représentants de la noblesse guerrière celtique, car il n'était que le fils adoptif de Gwenn Mac Fenrir. L'élu des Dieux n'était personne par le sang.  Et à propos de sa mère adoptive...

     -Résumons-nous, reprit le Roi. Vous souvient-il de cette enfant que vos guerriers m'amenèrent, il y a quelques jours de cela?

    -Coupe-Gorge? 

    -Comment?

    -C'est ainsi que mes Ambacts la surnomment, sourit Brân. Nous parlons bien de la petite blonde qui a été découverte à la Croix de Lug, les mains pleines de sang après avoir déposé trois têtes tranchées de Sélénites au pied du Dor an Elfed? Coupe-Gorge! Comment l'oublier?

    -Celle-là même... soupira le Roi. 

    -Je me rappelle aussi des grands yeux clairs des infortunés qui avaient perdu la tête et de leur expression de surprise : ils n'en revenaient toujours pas, les bougres! Et la gamine qui restait mutique... 

    -Justement! Il semblerait que cette enfant n'ait nullement été possédée, mais ait agi en pleine conscience.

    Brân eut un sourire amusé, presque condescendant :

    -Une petite à peine sevrée qui expédie trois prêtres sélénites? Vous êtes sérieux, Sire?

    -Très sérieux. Cette enfant est...

    Le Roi s'interrompit et passa sa main sur ses yeux. Mieux valait ne rien dire encore de ce qu'il soupçonnait. L'idée que cette fillette, issue du Ker-Plac'h, cet orphelinat accueillant de très jeunes filles-mères et gardant leur progéniture, fût la réincarnation de Gwenn Mac Fenrir, Reine et Magicienne disparue sans laisser de trace, était par trop loufoque... surtout si l'on mentionnait de qui elle provenait. 

    Il n'eût jamais accordé le moindre crédit aux élucubrations de Krennan, cette vieille nourrice sénile et ancienne gouvernante de sa mère adoptive, si le Gutuater n'avait jugé bon de préciser :

    -Si Gwenn Mac Fenrir était en effet morte depuis plusieurs années et son âme prisonnière des Mondes de Brume, elle pourrait avoir retrouvé le chemin du monde des vivants à travers le corps d'une enfant qui n'aurait jamais dû naître.  Les Hellènes appellent cela la Métempsychose. 

    Mais Adenkorfadur était le mot qu'employait le Gutuater. Il avait bien connu Gwenn Mac Fenrir et l'avait toujours détestée.

    -Gwenn Mac Fenrir a accompli la volonté de nos Dieux en te révélant comme l'élu destiné à devenir Roi des Rois, mais elle-même n'a que mépris pour les Thuata Dé Danaan et toutes les divinités qu'elle jugerait sans doute "païennes", disait-il souvent.

    Les Sélénites la haïssaient plus encore : selon eux, elle avait fomenté une guerre entre les lignées rivales du peuple tombé sur Terre, qui avait bien failli conduire à une seconde guerre d'Albenheim, mais cette fois une guerre d'extermination totale, un cataclysme sans vainqueur, où le sang lunaire aurait sans doute disparu à jamais.

    -Il vient un moment où la guerre ne sert plus qu'elle-même, lui avait dit une fois Gwenn Mac Fenrir, avec un sourire étrange amusé, presque gourmand, comme si elle parlait d'une vertu féconde du recours aux armes.

    Cette Reine qui lui avait donné son nom et son trône, jusqu'à faire de lui le Roi des Rois de tout l'Arlidh, lui avait peut-être adressé la parole une dizaine de fois en tout est pour tout. Aussi n'avait-il rien oublié de leurs moindres échanges et celui-là l'avait particulièrement marqué. Apprendre qu'elle était morte n'avait été pour lui qu'un soulagement, mais l'idée qu'elle se fût réincarnée lui donnait des sueurs froides.  

    Que se passait-il donc au Ker-Plac'h pour qu'une enfant censément innocente pût y invoquer quelque créature infernale, afin de l'envoyer décapiter trois prêtres de Daïn, l'immortel Prince du Jour et l'époux de la Nuit que vénèrent nombre de Sélénites? Mais surtout, pourquoi avoir déposé ces trois têtes au pied du Dor an Elfed, l'une des quatre portes monumentales de la Croix de Lug?  

    -Brân, dit-il finalement en posant ses longues mains constellées de tâches de rousseur sur la table ronde, même lorsque j'interroge le Gutuater sur la Croix de Lug, il est incapable de m'expliquer pourquoi cette gamine - qu'elle soit ou non la réincarnation de Gwenn Mac Fenrir - a choisi de laisser les têtes sous l'arche du Dor an Elfed. 

    -Sire, les Druides ne vous diront rien d'utile sur la Croix de Lug, sourit le Vergobret, reprenant son attitude condescendante. 

    -Ils en gardent jalousement les secrets? 

    -Peut-être... ou peut-être ont-ils eux-mêmes oublié cela. 

    -Oublié? Qu'un Druide oublie, soit, mais l'ensemble de leur ordre...

    -Et s'il s'agissait d'un oubli plus profond, collectif, puissant et soudain comme une malédiction? Peut-être les Dieux jugent-ils les Druides indignes de ce souvenir?

    Il y eut un long silence. Filehàd scruta son interlocuteur, manifestement amusé de l'effet de ses paroles sur son souverain. Brân savait-il quelque chose? Ou bien n'était-ce là que ce goût pour les fariboles, si prononcé chez les gens du clan Deirnearach?  

    -En tous cas, reprit finalement le Vergobret, c'est à un barde qu'il faut s'adresser.  Eux seuls gardent dans certaines de leurs litanies le souvenir de ce que fut ce lieu autrefois sacré et de l'alliance qui y fut jadis forgée entre Terriens, Nibelungen, Sélénites et Foïmorés. 

    -Contre qui, d'ailleurs? Les Druides parlent de Géants, sans rien dire de plus... 

    -Contre qui? répéta Brân, avec un geste désolé. 

    Il y eut un nouveau silence pesant.

    -Donc tu ne m'en diras pas plus? soupira Filehàd.

    -Sire, je ne pourrais qu'ajouter quelques vagues souvenirs des litanies dont je vous parlais... "En ce lieu de concorde fut scellé un pacte de haine contre les voleurs de corps..."

    -Les voleurs de corps? répéta le Roi. 

     Fallait-il y voir encore l'étrange possession de l'Adenkorfagur? Avait-on volé le corps d'un enfant né d'une vierge, un enfant qui n'aurait jamais dû naître, pour offrir à Gwenn Mac Fenrir une seconde chance?  Et qu'en faisait-elle?  

    -Qui sont ces voleurs de corps? insista Filehàd. 

  -"Craignant par-dessus tout l'oubli de leur science, ces savantes personnes décidèrent de voyager par la chair d'enfants de personne..." poursuivit Brân avec la même expression embarrassée. 

    Que des bribes, songea le Roi. Le Vergobret lui paraissait sincère sur ce point : il ne pourrait rien lui dire, hormis quelques fragments épars, sans doute largement mensongers. La parole d'un barde était sacrée comme celle d'un Druide, mais nul n'y croyait tout-à-fait pour autant. Après tout, même les Dieux peuvent mentir. 

      

vendredi 17 juillet 2026

Imbécile Arrogant

     Qu'on l'appelle Intelligence Artificielle ou Informatique Améliorée, cette technologie censément révolutionnaire est plus active aujourd'hui dans notre quotidien par son omniprésence dans les médias ou la rumeur publique que par ses usages réels ou supposés. On nous rabâche sans cesse qu'il faut prendre le train en marche, sans quoi l'avenir s'écrira sans nous et le déclassement ou l'obsolescence nous guette, comme si nous n'existions qu'en tant que machines à produire et consommer. 

    Comme au moment de l'apparition d'Internet, du téléphone portable ou du téléphone tout court en son temps, un discours s'impose par la répétition : avant même que nous puissions avoir le moindre recul par rapport à une innovation technologique ou les emplois rationnels qu'on puisse en tirer, nous devons impérativement être convaincus de son triomphe absolu à venir, même dans des domaines où elle n'a aucun sens et par-dessus tout de son caractère incontournable. De fait, de par leur vertu totalitaire, ces innovations le deviennent, dès lors qu'un nombre suffisant de personnes en sont convaincues.  

    L'idée que l'IA puisse se substituer à la force de travail salariée (si faiblement le soit-elle) dans de nombreux cas fait évidemment grandement saliver nos chers employeurs, toujours plus désireux de s'affranchir du facteur humain. En tant que système à la fois très clairvoyant à court terme et complètement aveugle à long terme, le capitalisme ne peut que s'engouffrer avec bonheur dans cette brèche qui offre une nouvelle illusion de dépassement de la lutte des classes. 

    Comme pour la bulle spéculative des "dotcom" du début des années 2000, gonflée par l'espoir chimérique qu'internet allait résoudre tous les problèmes de l'humanité, mettre fin à tous les services de proximité et j'en passe... une nouvelle frénésie parkinsonnienne s'empare de notre main invisible du marché à l'agonie, qui tremble et sucre sans discernement toutes les fraises qui lui parlent d'IA. On peut aisément voir cette nouvelle embolie arriver et prévoir qu'après cet accès de fièvre, un usage plus raisonné et plus mûr de l'IA s'imposera peu à peu, comme pour Internet. 

    Que cela se produise ou non,  on peut d'ores et déjà identifier trois contradictions majeures, entre la propagande qui vante les possibilités de l'IA et sa réalité. 

    Dans les critiques de l'IA, on mentionne souvent les problèmes écologiques qu'elle engendre en raison des serveurs gigantesques nécessaires à son fonctionnement ou de ses lacunes parfois cocasses, sans doute imputables à la jeunesse relative de cette technologie. On peut aussi anticiper les débordements sociaux-économiques liés au chômage qu'elle engendrera ou ses effets délétères sur la formation de la jeunesse. 

    On aborde beaucoup plus rarement trois de ses défauts structurels, qui ne seront certainement jamais compensés, puisqu'ils relèvent des principes fondateurs de sa genèse. 

    Le premier relève de ce qu'un habile maquillage commercial a surnommé le "deep learning". Mon fils de trois ans a peut-être vu une centaine de chiens et de chats dans sa vie, mais il est capable de distinguer sans erreur un chien d'un chat lorsqu'il en voit en photo, même s'il s'agit de chiens ou de chats d'un type jusqu'alors inconnu. Il est également capable de reconnaître les traits d'un chat ou d'un chien sur un dessin, une caricature ou une peluche. Rien d'exceptionnel là-dedans, si ce n'est qu'il faut à une IA des milliers d'images pour parvenir à identifier sans se tromper un chien ou un chat sur une image quelconque. 

    Pourquoi? On a d'abord cherché, de manière assez évidente, à reproduire une sorte d'algorithme systématique permettant d'analyser l'image et de parvenir à une conclusion certaine. Puis on a renoncé pour programmer des méthodes d'interpolation à partir d'un nombre considérable d'exemples. En somme, l'IA parvient à identifier correctement l'animal s'il parvient à reconstituer l'image à partir d'une interpolation des images dont il dispose dans ce qu'on appelle son domaine d'entraînement. 

    C'est ainsi que, dans le domaine médical, où on ne cesse de promouvoir l'usage de l'IA, on paie des Kényans pour passer leurs journées sur un ordinateur à entourer sur des images de blessés la localisation des plaies. On emploie des intelligences humaines à des tâches fastidieuses jusqu'à la nausée pour entraîner des IA qui ressemblent plus à de parfaits imbéciles à qui il faut longuement... très longuement expliquer l'évidence. 

    Le "deep learning" est en fait un aveu d'échec. C'est un peu comme si, au lieu de faire des études d'architecture, on fabriquait un pont en alignant des pierres de manière aléatoire jusqu'à ce qu'il tienne. Plutôt qu'un "apprentissage profond" c'est un apprentissage stupide et répétitif, pour une intelligence dont les facultés évoquent la mouche qui heurte la vitre à l'infini jusqu'à enfin passer par hasard. 

    Certes, me direz-vous, mais qu'importe si, au final, on obtient un interlocuteur efficace par sa puissance de calcul brute? Un peu comme ces programmes, bien plus anciens que l'IA, qui battent l'humain aux échecs en comparant de manière brutale toutes les possibilités de jeu.  

    Il importe, parce que cette méthode implique que l'IA est très brutalement inefficace, sitôt qu'on la sort de son domaine d'apprentissage. Incapable de la moindre distance critique par rapport à son résultat, notre imbécile hyper-mnésique propose très rapidement des résultats ahurissants, bien plus éloignés de ce qui était demandé que ce qu'un humain très incompétent pourrait proposer. On parle notamment d'"hallucination". C'est particulièrement évident dans la génération de vidéos et d'images mais cela se retrouve dans tous les domaines. Que ces machines soient incapables d'écarter elles-mêmes les produits de leurs propres hallucinations les placent en l'occurrence au niveau d'un être humain sous de très violents psychotropes. 

    Or un utilisateur lambda ne connaît jamais l'étendue du domaine d'entraînement d'une IA, ce qui amène les utilisateurs avertis à toujours vérifier le résultat, imposant que le temps passé à vérifier soit inférieur au temps passé à réaliser la même chose soi-même. 

    On peut ajouter que cela implique que toutes les utilisations artistiques ou littéraires ou même philosophiques ou dans n'importe quelle humanité de notre imbécile hyper-mnésique n'aboutiront tout simplement jamais, car il restera incapable de proposer autre chose qu'une recomposition de ce qui existe déjà. Une IA écrira sans difficulté le nouveau roman d'Amélie Nothomb ou Marc Lévy ou Gérard de Villiers à partir de leur production précédente... mais rien de mieux. 

     La seule chose qui soit profonde dans le "deep learning", c'est l'imbécilité de la machine qu'on obtient. Il ne s'agit pas d'une lacune que le temps compensera, puisque c'est l'un des fondements de l'IA. Le domaine d'entraînement pourra être étendu, mais jamais être dépassé. En somme, c'est une machine qui parle sans réfléchir, au sens littéral, ce qui amène au deuxième point. 

     Les IA sont souvent décrites par le terme de "modèles de langage". Ces modèles opèrent entre autres avec deux principes fondamentaux :

 -toujours fournir une réponse,

 -prévoir la question suivante.

    Aucun échange sincère et équilibré ne peut naître dans ces conditions : les seuls êtres humains qui interagissent selon ces principes sont les voyantes, les gourous ou les politiciens... En somme ces machines auront réponse à tout et tenteront de nous amener, par leurs réponses, à certaines questions qu'ils pourront donc anticiper. 

     Bien loin d'être des partenaires fiables et sincères de nos existences, ces imbéciles défoncés aux champignons qui ont réponse à tout s'échinent, non pas à proposer des réponses de qualité, mais à contrôler l'échange, compensant leur incompétence par ce qui ne peut être décrit que comme l'arrogance sans limite de ce collègue ou beau-frère qui vous explique la vie et a une opinion sur tout. 

     L'Imbécile est donc Arrogant et cela se transmet de manière assez cocasse dans la condescendance de leur ton... ce qui amène au troisième point. 

     L'arrogance étant souvent le paravent de l'incompétence, on la retrouve naturellement en abondance sur les réseaux sociaux et les contenus en ligne. Le domaine d'entraînement de nos machines qui savent parler mais ne savent pas penser est inondé d'informations inexactes, voire fausses, d'échanges haineux ou condescendants... bref, nos imbéciles arrogants sont gavés d'une malbouffe informationnelle qui empeste l'obscurantisme et l'acrimonie des échanges quotidiens entre humains, avec une sur-représentation des peuples et cultures qui ont un large accès à ces technologies, telles que l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Extrême-Orient... et encore! avec un biais anglo-saxon très prononcé. 

     À titre d'exemple, dans le cas de cette fameuse pièce de théâtre écrite par l'un de nos arrogants imbéciles dans le style de Molière, intitulée "L’Astrologue ou les Faux Présages", on a également laissé à la machine le choix des costumes et décors... et les acteurs se sont retrouvés avec des grenouilles sur leurs habits de scène. Pourquoi? Mais parce que la grenouille, voyons,  fait "frenchie" dans l'esprit d'un anglo-saxon! On peut vanter l'excellente connaissance de la langue du XVIIème siècle par l'imbécile, cela ne nous affranchit pas de biais de pensée potaches et stéréotypés sur le pays de Molière. 

     Cette troisième faille structurelle pourrait dans l'absolu être corrigée et certaines entreprises s'y attellent, mais on peut  légitimement douter de leur efficacité car l'histoire du capitalisme illustre assez bien que celui-ci s'accorde à merveille avec les hégémonies culturelles pré-existantes et même s'appuie dessus en les renforçant. Il suffit de constater la manière dont les modes de vie et de pensée se sont peu à peu uniformisés depuis le XIXème siècle. 

    Nous voilà donc bientôt étroitement dépendants d'un imbécile arrogant sous drogues, incapable d'un échange signifiant et obsédé par le fait d'avoir le dernier mot, biberonné à la culture dominante... Elon Musk partout, en somme. Ça promet. 

jeudi 2 juillet 2026

Prise video de la représentation du "Crabe aux pinces roses" au café associatif le P'tit Cerny le 17 mai dernier!



https://www.youtube.com/watch?v=g1cl0tgZ9xA


Le crabe aux pinces roses est la deuxième création de la Compagnie de Théâtre Prise Directe. Texte original de Sandy Cazé-Leterrier et Nikos Leterrier, "Le crabe aux pinces roses" raconte les aventures de Rose et Violette sous le tropique du cancer. Une comédie grinçante et médicalisée...

Cette vidéo a été filmée lors de la représentation au café associatif le P'tit Cerny! Salle comble (petite soit, mais ça fait plaisir) et enthousiaste! Ça nous a donné de l'allant pour les prochaines représentations! Merci encore à l'équipe du P'tit Cerny!


Mise en scène : 

Sandy Cazé


Avec: 

Morane Blanchard

Tiffany Martin

Valérie Foutel

Nikos Leterrier

Sandy Cazé-Leterrier


Remerciements : Guy, Ayane et toute l'équipe du P'tit Cerny https://leptitcerny.fr/

Pour nous suivre sur les Fesses du Bouc : Compagnie de théâtre Prise Directe

Contact : associationprisedirecte@gmail.com


Les anneaux seigneurs


Quand je dors, je me retrouve en Enfer.

Chaque nuit, j'essaie de sortir de l'eau

Mon fils, qui toque au cercueil de sa mère

En demandant si elle fait dodo.


Toi le Crabe, ne t'approche pas d'elle!

Nébuleuse invisible aux doigts cruels,

Rends-nous ce ciel où tu reviens sans cesse,

L'envenimant de fatigue et de tristesse.


Tant de fous hantent ce trop proche exil

Que je m'épuise en mille aurores blêmes

À chercher pour ma raison quelque asile,

Où les cannibales fassent carême.


Ne t'approche pas de moi, ivre-morte!

Toi qui as verrouillé toutes les portes,

Fracassé à tous les murs ton cerveau.

Je n'en ramasserai pas les morceaux.


La mémoire inflexible de mon corps

Égraine en effrois et maux chimériques,

Passager clandestin d'une autre mort,

Les degrés d'une agonie sympathique.


Toi Saturne, oeil vide mais jamais clos

Brillant dans le contour de tes anneaux,

Détourne de moi ce regard terrible

Et tout le poids de ta masse intangible. 



vendredi 26 juin 2026

À ceux qui désirent écrire...


 

    J'ai enfin achevé le dernier roman de ma tétralogie de dark-fantasy
se déroulant dans mon univers rôlistique "Terre Seconde"!

    Alors que j'avais une vingtaine d'années, la maman d'un ami
me demanda ce qui constituerait pour moi une réussite dans ma vie
et je répondis quelque chose comme : "écrire une longue saga
de fantasy" sans y croire vraiment, et voilà, ça y est! 

    C'est la conclusion d'une quinzaine d'années de travail et 
tous mes efforts pour faire publier ou même diffuser ce travail
ont lamentablement échoué, mais je n'en reste pas moins
heureux aujourd'hui car j'ai adoré écrire ces quatre romans.

    À tous ceux qui ont une envie d'écriture mais n'osent pas
prendre la plume, allez-y! C'est un bonheur unique en son genre 
que de voir les personnages s'incarner comme s'ils 
existaient indépendamment de leur auteur et raconter 
leur histoire, lors de cet instant merveilleux 
où le roman commence à prendre forme. 

    Bien sûr, on écrit avant tout pour être lu 
mais si écrire vous rend heureux, n'attendez pas!