Quand je dors, je me retrouve en Enfer.
Chaque nuit, j'essaie de sortir de l'eau
Mon fils, qui toque au cercueil de sa mère
En demandant si elle fait dodo.
Toi le Crabe, ne t'approche pas d'elle!
Nébuleuse invisible aux doigts cruels,
Rends-nous ce ciel où tu reviens sans cesse,
L'envenimant de fatigue et de tristesse.
Tant de fous hantent ce trop proche exil
Que je m'épuise en mille aurores blêmes
À chercher pour ma raison quelque asile,
Où les cannibales fassent carême.
Ne t'approche pas de moi, ivre-morte!
Toi qui as verrouillé toutes les portes,
Fracassé à tous les murs ton cerveau.
Je n'en ramasserai pas les morceaux.
La mémoire inflexible de mon corps
Égraine en effrois et maux chimériques,
Passager clandestin d'une autre mort,
Les degrés d'une agonie sympathique.
Toi Saturne, oeil vide mais jamais clos
Brillant dans le contour de tes anneaux,
Détourne de moi ce regard terrible
Et tout le poids de ta masse intangible.