lundi 16 janvier 2017

Le mal de pendaison


Sitôt la nuit tombée, 
Marche le Guérisseur. 
Armé de son épée,
Il va là où l’on meurt.


Au pied de la potence,
Il regarde le ciel :
Trois pendus se balancent, 

Trois jolies jouvencelles.

Il frappe ses mains grandes, 
Les tire de leur somme.
La plus jeune demande :
-De quoi guéris-tu, l’homme ?


Le Guérisseur répond : 
-Fille à langue sortie, 
Du mal de pendaison, 
Qui te fait rire ainsi.

Je sais miséricorde
Pour te rendre à la terre. 

Je puis trancher la corde 
Qui t’attire en Enfer.

-Et comment te paierai-je, 
Sans or et de chair froide ? 
-De trois flocons de neige, 
Fille aux jambes si roides.

Mais le Prince accourt :
-Je te vois, Guérisseur ! 

Mange-fin, mange-tour,
Ce soir, c’est toi qui meurs. 

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