dimanche 14 mai 2017

La Nef des Fous


Elle dérive au hasard,
Sans voiles ni gouvernail. 

Elle vogue si penchée 
Qu’on la croit prête à verser.

Ce sont les mains d’Océan, 
L’irascible et vieux Titan, 
Qui lui ont ainsi fait faire 
Sept fois le tour de la Terre.

Mais c’est sur cette île seule, 
Là et nulle part ailleurs,
Que la mène son chemin, 

Que son errance prendra fin.

C’est là que la Nef des Fous 
Enfin s’endort et s’échoue, 
Achève son long voyage... 
Cette rive sans visage.

Cette île où, de jour en jour, 
La tête se fait plus lourde, 
L’île des ombres trop étroites, 
De la faim et de la soif,

Asile et geôle éternelle,
Où les roses sont de sel,
Où l’eau douce vient du gouffre, 


Et...

Seul le Soleil voit qui souffre. 

1 commentaire:

  1. Que dire ? Magnifique ! Et en si grande sympathie avec la toile…

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